mercredi 22 juillet 2015

2015-07-22 Bilan de mon séjour en Afrique australe

Le tiers du voyage est maintenant derrière moi et demain je quitte le continent africain pour de nouvelles aventures... en Asie centrale. L'heure est donc aux bilans!

Je dois dire que je partais vers l'Afrique avec un préjugé favorable. J'ai toujours été fascinée, attirée, intriguée par ce continent, ces gens... et je n'ai pas été déçue. J'y reviendrai certainement, pour visiter encore, pour travailler ou pour y vivre.

Un résumé par pays

Afrique du Sud: magnifique pays à visiter, avec toute sa diversité de parcs, montagnes, océan, climats, influences culturelles, et surtout son histoire fascinante qui malheureusement laisse des traces. Les barbelés, clôtures et système d'alarme sont omniprésents, il est imprudent de s'aventurer dans les rues après la tombée du jour et on sent qu'une masse de la population aimerait avoir accès à plus de richesse, sans avoir  à travailler trop fort,... 

Namibie: on s'y rend principalement pour les paysages (et non pour les gens, parce qu'on n'en croise très peu...). Le désert de Sossuvlei à lui seul vaut le détour!

Botswana/Zambie: les deux pays où je reviendrais pour y vivre. Les gens nous y font sentir bien, c'est sécuritaire, facile et agréable d'y voyager. 

Malawi: simplement pour l'expérience du pays, l'accueil des gens, un peuple pacifique. Un des pays les plus densément peuplés d'Afrique, mais avec quand même des montagnes et des lacs à explorer.

Zimbabwe: situation politique et économique difficiles, ce qui fait qu'on peut rencontrer tous les extrêmes: des gens hyper généreux et des arnaqueurs, des gratte-ciel modernes et des bidonvilles, des sites touristiques de qualité et des médiocres,...)

Ce que j'ai le plus aimé...
Le fait que tout le monde, ou presque, parle anglais, ce qui fait que je peux communiquer avec n'importe qui. Ça rend le voyage beaucoup plus facile, et surtout beaucoup plus intéressant!

Je dois dire aussi que j'aime les noirs, ils savent bien s'habiller, toutes les couleurs leur vont bien, leur sourire est contagieux et dégage une telle joie de vivre, leur peau brille, leur bras sont musclés (même s'ils ne pratiquent pas de sport...), bref c'est agréable pour les yeux, partout où l'on regarde!

Ce que j'ai trouvé le plus difficile... 
Ne pas être efficace parce que je suis toujours en terrain inconnu, parce que je n'ai pas de voiture, parce que je n'ai pas de frigo, parce que je suis en déplacement, parce que l'internet est lent, parce qu'il n'y a pas d'électricité, parce que j'écris sur un petit IPod,... Mais faut pas s'en faire, en Afrique c'est pas important l'efficacité, et je n'ai aucune contrainte de temps, obligations, travail, j'ai toute la journée et si c'est pas assez, j'ai d'autres journées (toute une adaptation!)

J'ai eu le plus peur quand...
En Zambie, ce gars complètement saoul, ayant de la difficulté à marcher m'a reconduit au bercail... Je pensais que j'allais mourir, mais j'ai préféré le laisser conduire même si j'étais en état (gros pickup, conduite en sans inverse, ville que je ne connais pas, noirceur quasi totale, route pas très belles,... J'ai pas osé insister pour prendre le volant...)

Au Malawi, à toute vitesse dans cette voiture qui n'était visiblement pas en condition pour prendre la route. Je pensais encore une fois que j'allais mourir. 

Au Zimbabwe, assise à cheval sur le bras de vitesse et le siège conducteur, les pieds à côté des pédales. Le conducteur n'était assurément pas en position de réagir rapidement s'il s'était passé quoi que ce soit...

En Afrique du Sud, à Cape Town, quand je voulais absolument aller au resto Malay pour souper. J'ai du faire trois coins de rues mal éclairées et déserts. C'était très risqué... en plus le resto était fermé, quelle déception! Ou à Punthadjihaba, lorsque j'attendais mon lift avec tous mes bagages. Pleins de gars louches me tournaient autour et me questionnaient. Jusqu'à ce qu'un gars gentil me disent "these guys are gonna steal you...".

J'ai versé quelques larmes d'émotions quand...
J'ai quitté Cape Town en pensant au bon temps que j'y ai passé et aux gens que j'y ai rencontré.

Au Malawi, après m'avoir amené chez le docteur, Aubrey est venu me reconduire à l'autobus. 

Après une semaine de survie au Zimbabwe, sans avoir trop mangé, à toujours me défendre pour payer le juste prix, à ne pas savoir si je peux faire confiance aux gens, je regarde Munya s'éloigner, lui qui m'a offert un lift si gentiment et s'est assuré que je sois en sécurité avant de quitter. Je reste seule assise à attendre l'autobus qui me délivrera de ce pays.

Dans les transports en commun, quand j'ai assez de confort pour me permettre de relaxer, en écoutant de la musique du Québec et en pensant à vous tous. Le summum, c'est en écoutant "Le plus fort c'est mon père" et pensant à mon papa qui adorerait être à mes côtés, pour vivre et découvrir ce que je vois, ce que j'apprends, ce que j'expérimente.

De retour à Johannesburg, assise au restaurant de ce chic hôtel. Je savoure le délicieux buffet, premier vrai repas depuis une semaine, dans cet environment qui respire la modernité et le luxe. C'était mon cadeau de fête, une semaine en retard, et ça marquait la fin de mon périple en Afrique.

Ce qui m'a le plus choqué (choc de culture)...
Le preacher dans l'autobus qui selon moi est une atteinte au respect des libertés individuelles, une façon d'influencer la façon de penser des gens et d'avoir une emprise. 

La corruption de tout le système politique, gouvernement et policiers. De voir ces présidents et membres du gouvernement qui vivent dans la démesure, lançant de l'argent à la populace dans les événements publics. De regarder la chaîne de télé nationale qui diffuse de la propagande, dictant aux gens quoi penser. 

Tous ces enfants qui sont élevés par un membre de la famille ou de l'entourage (autre que les parents). Et tous ces parents qui sont assez matures pour concevoir des enfants mais pas assez pour accepter les responsabilités qui viennent avec. Certains osent me demander pourquoi je n'ai pas d'enfants et je leur répond que dans mon pays, ce n'est pas ma mère qui va en prendre soin...

L'alcool qui occupe une place trop importante dans la vie de trop de gens. Ces gens qui n'ont d'autres activités sociales que de boire, qui peinent à trouver assez d'argent pour se nourrir ou pour élever leur enfant, mais qui en trouvent pour boire (en Afrique on ne pense qu'au moment présent). Et pas de problème pour prendre le volant même si on a bu, c'est accepté et acceptable. 

Les hommes qui se tiennent par la main. Encore à l'aéroport, il y a deux agents de sécurité marchant main dans la main...Ce n'est pas choquant, juste surprenant ou parfois un peu bizarre...

Mes découvertes dans le sport...
Le rugby c'est vraiment plaisant à jouer (je le savais, mais c'est maintenant confirmé) et à regarder (absolument captivant, impressionnant!).

La course avec des chaussures minimalistes ça protège les articulations. J'ai couru en sandales la plupart du temps ou nu pied et je n'ai jamais rien senti dans le genou ou la hanche, quelle révélation! Fallait que je vienne ici pour l'essayer!

Un pot-pourri des expressions qu'on entend ou voit...
I miss you big time: c'est plus que juste normal!

Is it?: ça veut dire "vraiment?"

Come again: peux-tu répéter?

I promise you: utilisé seulement par les blancs, "je te promets" ou "je te le jure" évidemment, mais ça détonne parce que ce n'est pas une expression que j'entends ailleurs.

Sorry: en prononçant bien les r. Les gens sont toujours sorry, vous échappez quelque chose, vous vous faites mal, ils veulent vous parler,...

How is Canada?: vous devez avoir une réponse préparée parce que la question revient presque aussi souvent que Are you married?

Enfin il y a le signe que les gens font pour dire qu'il y a plein de monde; un point fermé et avec l'autre main ouverte ils tapent. Ça surprend quand on voit ça parce qu'au Québec c'est un geste assez vulgaire...

Autres découvertes...
Le jazz, ce n'est pas ma musique préférée, mais le afro jazz, wow!

Si vous achetez le kit d'adapteurs électriques internationaux, il vous manquera l'adapteur pour le sud de l'Afrique...

On ne mange pas de dessert, tout est moins sucré (moi qui ai la dent sucrée...)

Je suis bien contente d'avoir eu la discipline d'alimenter ce blog, le tout uniquement grâce à mon petit Ipod. Je n'étais pas convaincue au départ que je "tofferais"! 


2015-07-23
Je suis maintenant à l'aéroport, en attente de mon vol pour Almaty, Kazakhstan. Je tourne une nouvelle page. Et j'ai une pensée pour toute ma famille, mes amis, collègues de travail, vous qui lisez ce blog, je vous aime!
    --xxx--






3 commentaires:

  1. Bonjour Annick, te voila arrivée à la fin de ton périple africain. Ouf, que d'aventures ! Nous avons adoré te suivre au cours de ces derniers mois. Ta façon de communiquer ton quotidien et de partager tes nombreuses découvertes nous donnait le sentiment d'être en symbiose avec toi.....

    Merci encore d'avoir eu la ténacité d'alimenter ton blog de façon si régulière, on sait que ça demande beaucoup de discipline surtout avec un petit I-POD.

    Bonne continuité, on a hâte de lire tes aventures en Asie Centrale (une autre région qu'on ne connait pas). Pierre et Paule

    RépondreEffacer
    Réponses
    1. Je vous souhaite également de venir découvrir l'Afrique australe, un jour...! Et d'y vivre toutes ces expériences, ça en vaut la peine!

      Effacer
  2. Une vraie belle virée en Afrique. J'admire la façon dont tu rencontres les gens du pays. Prends soin de ta santé cela rend le voyage plus aisé!

    RépondreEffacer