lundi 6 juillet 2015

2015-07-06 À l'aventure au Malawi

Quelques jours imprévus au Malawi
En Zambie, j'ai embarqué dans un autobus qui a finalement du se rendre au Malawi en me promettant de payer mon visa de retour en Zambie. Mes plans sont assez flexibles, alors j'ai dit "pourquoi pas!". 

Mon dieu, faites qu'on se rende...
Je pensais que l'autobus de Budget Safari était en mauvais état (la renverse ne fonctionne pas, à chaque démarrage on espère et on crie "yé!" quand on entend le son du moteur, nous avons dû changer une pièce à Lilongwe,...), mais c'est que je n'avais pas vu les véhicules au Malawi...
(Les mécaniciens se déplacent et effectuent les réparations sur place, couchés par terre, dans le sable.)

(Deux mécaniciens à l'œuvre, heureusement les malawiens ne sont pas très corpulents. J'imagine mal deux québécois faire la même chose...)

J'ai donc commencé ma journée au Malawi avec quelques heures de retard. Alors quand je me suis fait déposer à mi-chemin vers Blantyre, je ne voulais pas attendre que le minibus soit plein, j'ai embarqué avec la première voiture qui a bien voulu arrêter. Je me suis vite rendue compte que le problème ici ce ne sont pas les gens, mais bien l'état de leur véhicule... 

Après quelques kilomètres, pu d'essence, ouf le bidon est dans la valise. La valise ne veut pas ouvrir, on arrache la banquette arrière. On essaye de repartir, le moteur ne veut pas démarrer. Pas de problème, suffit de crinquer une pièce sous le capot. Oups, le capot ne veut plus fermer, oups la portière ne rouvre plus, heureusement les fenêtres sont toujours ouvertes. Je lance au chauffeur qu'il faut être bon mécanicien pour avoir une voiture comme ça! On repart, après quelques kilomètres, tout devient noir, évidemment ça devait arriver, le capot a ouvert en chemin. Ça vient ajouter quelques craques au pare-brise, mais à en juger par la quantité, ce n'était peut-être pas la première fois que ça arrivait. En effectuant les réparations, le chauffeur me mentionne en souriant qu'il est propriétaire d'un garage! On débosse le toit, on attache le capot, on repart. Un peu plus loin, la voiture n'est plus contrôlable, on doit arrêter à nouveau, je pensais qu'on avait perdu une roue... On jack le char, on enlève la roue, on cherche un boulon qui aurait tombé, c'est maintenant noirceur totale (des lampadaires ça n'existe pas ici), sur le bord de la grande route, tous les véhicules nous klaxonnent, personne n'arrête. Rendu à ce point, je préfère prendre mes bagages et essayer de trouver un autre transport...

Quatre jours plus tard, quand je reviens vers Lilongwe, j'opte pour l'autobus. C'est une formule tout compris, le "preacher" est à bord pour bénir le bus et nous annoncer la bonne nouvelle ou nous conter des peurs (j'ai pas trop compris, l'essentiel était en chichewa). Je pensais qu'il nous donnait l'extrême onction et qu'on allait tous mourir!
(C'est un trajet de 6h et il y a des gens debout dans l'allée, en plus du preacher avec sa bible. Mais qu'on soit debout ou assis, il faut s'habituer à l'inconfort, ou du moins redéfinir sa notion de confort...) 

Les cinq à dix premières minutes de sermon c'était drôle, mais une trentaine de minutes de criage, c'est agressant et irrespectueux des libertés individuelles à mon avis...

Puisque le trajet est long, qu'on ne fait pas beaucoup d'arrêts, et qu'il serait trop de faire descendre tout le monde, le service aux fenêtres est disponible dans tous les villages. On peut y faire une épicerie complète, y compris des gros choux et des patates.


(Les fameux "bream fish", très populaire.)

(Ils viennent cogner dans les fenêtres et se font très insistants...)



Quand on a faim et qu'on est curieuse, on peut essayer bien des choses... comme ces petits oiseaux...


Un ange sur ma route
Je me suis fait déposer par un minibus dans un coin perdu de Limbe, où de jour j'aurais pu attraper un lift, mais de nuit les possibilités étaient minces (en excluant les possibilités de vol et d'agression!). C'est là, grâce à Dieu*, que j'ai fait connaissance avec Aubrey, puis avec sa famille, des gens d'exception. Je lui ai demandé si je pouvais passer la nuit chez lui et il a accepté sans hésitation. Lui et sa femme Dorothy, m'ont traité comme une reine. Ils m'ont offert de bons repas traditionnels (dont une de leur poule, de la chèvre, des beans, des petits poissons capenta, du "rape" ce légume qui ressemble aux épinards, le tout servi avec nshima bien sûr), des bains chauds, une chambre d'invité, transport,...


Aubrey m'a fait un tour guidé jusqu'à la frontière du Mozambique, puis est venu me porter au départ de la rando. Il a attendu que le guide soit arrivé et il s'est assuré qu'il était fiable avant de partir. Je lui ai d'ailleurs laissé tous mes effets que je n'apportais pas en rando, dont mon passeport, mon argent, mes cartes,... Ça c'est l'art de faire confiance...! Quand je suis revenu de randonnée, il est venu me chercher et me ramener chez lui, j'ai même eu droit à mon premier bain de pied avec massage à vie! Pleins d'enfants de la famille était présents à la maison pour me voir.




*Selon moi c'est grâce à la vie ou grâce à mon ange gardien, mais selon Aubrey, c'est grâce à Dieu que l'on s'est rencontré. C'est remarquable comment les gens sont croyants et pratiquants, dans tous les pays que j'ai traversé jusqu'à maintenant. 

Les barrages policiers 
Au Malawi, il y a de nombreux barrages policiers et quand je demandais aux gens, personne ne pouvait vraiment m'expliquer leur utilité... 


Jusqu'à ce j'embarque dans le camion de livraison de Aubrey. À chaque barrage, il doit donner de l'argent aux policiers qui se répartissent la somme entre eux. Les camions de livraison agissent également comme transport de passagers. Donc les gens embarquent par dessus la cargaison de poches de poisson, par exemple, et donne l'argent au collecteur qui gère l'argent. 


On fait la tournée des marchés, on décharge manuellement les poches qui doivent peser chacune plus de 150lbs, on collecte plein d'argent des passagers, qu'on redonne aux policiers corrompus et au gars qui fait le plein d'essence avec un entonnoir et un bidon maison. En bout de ligne, il ne reste pas tellement plus que ce avec quoi nous sommes partis...




Petite visite chez le docteur 
Après ma première nuit dans les montagnes (voir le détail dans mon prochain post!), je me suis réveillée avec de la fièvre, et heureusement, une bonne toux assortie d'un mal de gorge. Heureusement, parce qu'autrement c'était tous les symptômes pour la malaria!

De retour à la civilisation, ma famille adoptive ne voulait pas me laisser partir sans que je consulte un médecin. Nous sommes donc allés dans une clinique privée, une maison avec trois pièces, et avons attendu un bon quatre minutes. Ça m'a rappelé les visites chez les grands-parents quand j'étais jeune. Après quelques questions, la docteure rouvre l'armoire et sors deux gros pots de bonbons. Elle me fait de petits sacs que je peux ramener à la maison et manger.

En plus des médicaments, j'ai eu droit à une injection. Je n'ai jamais entendu parlé de ça au Québec, mais ici c'est courant quand on est malade. Faut faire confiance... Et j'ai du débourser 7,50$ pour tout ça...

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