Dans tous les pays que j'ai visité jusqu'à maintenant, j'ai rencontré des Zimbabwéens avec lesquels j'ai tissé de forts liens, ce qui m'a convaincu de venir au Zimbabwe (qui n'était pas sur ma liste au départ, je dois l'avouer). Les Zimbabwéens sont des gens effectivement très sympathiques, avant, pendant ou après qu'ils essaient de vous escroquer de l'argent.
Je sens ici le besoin de donner des exemples afin d'appuyer mon affirmation gratuite; la vendeuse de ticket de bus s'obstine à me demander 8$ alors que la femme assise à côté de moi, pour la même destination a payé 7$; un autre conducteur me demande 10$ pour une ride que je savais qui en coûtait 5$; un vendeur itinérant me propose une simcard à 5$ alors que ça en vaut 1$,... Il faut s'informer des prix au préalable, montrer qu'on les connaît et savoir s'obstiner.
Un petit cours d'économie zimbabwéenne...
Depuis l'indépendance du pays en 1980, c'est le président Robert Mugabe qui "règne" démocratiquement, lui qui a chassé tous les blancs du pays, qui s'est par conséquent attiré de mauvaises relations internationales, ce qui a laissé le pays dans une situation économique pitoyable, la monnaie ne valant plus rien, en 2009 ils ont dû adopter les dollars américains comme monnaie d'échange (de l'argent qui circule de main en main, qui est donc exceptionnellement sale). Tout ça pour dire que les gens n'ont pas d'emploi et que tous les moyens sont bons pour essayer de faire un peu d'argent (et que quand on se fait fourrer, c'est en dollars US).
Joyeux anniversaire Anik!
Pour en revenir à ma fête, j'ai décidé de quitter la Zambie que j'ai adoré, pour explorer de nouvelles contrées. Peu importe la durée des trajets d'autobus au Zimbabwe, il n'y a pas d'arrêt pour de la nourriture, ni pour les toilettes (qui selon moi sont deux besoins vitaux assez essentiels,...). Bref, quand on peut mettre la main sur quelque chose à manger, il ne faut pas laisser passer la chance. J'ai donc acheté, pour 25 cennes quelle aubaine, un gros sac de massaus, ce fruit africain qui n'est pas particulièrement intéressant au goût,... et j'en ai mangé,...
Ainsi débuta mon calvaire au Zimbabwe. Ce n'est vraiment pas cher pour une semaine d'indigestion alimentaire (je ne m'en suis toujours pas totalement remis), pour une cure d'amincissement, pour ne pas avoir à payer trop cher en nourriture (parce que je suis incapable de manger),...
Un beau cadeau de la part du Zimbabwe
Le Zimbabwe m'a donné mon overdose d'Afrique, le goût de quitter le continent (dire que quelques jours plus tôt en Zambie, je ne m'imaginais pas pouvoir quitter vers l'Asie),...
Vous voulez en savoir plus sur les transports au Zimbabwe?
On réinvente la notion de quantité de passagers et de marchandises qu'un véhicule est capable de contenir. On se reprend quatre à cinq fois avant de réussir à fermer la portière. Le problème, c'est qu'on doit donner de l'argent à des gars qui n'ont pas de job et qui permettent aux bus de rester stationner en attendant les clients, aux policiers qui font des barrages
(et qui laissent le choix entre une amende de 20$ pour surplus de passagers ou 5$ qui va directement dans leur poche), aux gars qui versent l'essence dans un entonnoir (mais qui réussissent à fourrer le chauffeur - on fourre pas juste des touristes non - ce qui fait qu'on a manqué d'essence avant d'atteindre la destination,...), donc les chauffeurs doivent tenter d'embarquer des records Guinness de passagers. Et même dans les voitures privées c'est la même situation... Quand j'étais la septième personne à embarquer dans un petit char, je me considérais, naïvement, chanceuse de ne pas être dans un minibus. C'était avant qu'on arrête pour embarquer la huitième personne. Je me suis alors retrouvée sur le siège conducteur, mais ce n'est pas moi qui conduisait (et ce n'est pas pour faire 3 coins de rues, on roule au dessus de 100, sur des routes défoncées, avec du bétail à éviter et des dépassements douteux à gérer). La cerise sur le sunday, on a droit de se faire casser les oreilles avec de la musique plus forte que ce que je suis capable de tolérer dans une boîte de nuit. C'est sans parler de l'odeur, parce qu'au Zimbabwe, ça sent,... Voilà à quoi ressemble une overdose d'Afrique! Pogné dans l'inconfort, à mi-chemin entre le rire tellement les situations sont absurdes et l'inquiétude d'en garder des séquelles (heureusement, je ne m'en sors qu'avec quelques ecchymoses, obtenues lorsque j'ai du sortir par la fenêtre de l'autobus, qui représentait la sortie la plus facilement accessible...).
Et si on parlait des frontières...
Si vous traversez les frontières en autobus, assurez vous de reconnaître les personnes avec qui vous faites le voyage et l'apparence de l'autobus. Ne vous fiez pas aux agents de sécurité, ils ne savent pas ce qui se passe, ni où l'on doit se diriger. Une chance qu'un passager m'a couru après pour me ramener à la bonne place, j'avais été assez stupide pour me fier à un agent de sécurité qui m'indiquait de procéder à pied plus loin,... Ah oui, ne vous attendez pas à ce que le chauffeur vous donne des instructions avant de sortir de l'autobus, c'est à vous de deviner. Quand la porte de l'autobus s'ouvre la partie de battleship commence (à tâtons, essais erreurs, c'est chaotique, heureusement personne ne coule). Il y a peut-être juste le chauffeur qui a connu une partie plus difficile, imaginez, une quinzaine de minutes après avoir finalement réussi à traverser la frontière, il s'est rendu compte qu'il a laissé ses bagages là-bas, il a fallu faire demi-tour, dans le trafic des gens qui se dirigent vers la frontière... pas fort...).
Et finalement, pour en apprendre sur l'histoire du Zimbabwe...
...ne vous fiez pas aux gens qui vous disent d'aller au Zimbabwe Museum of Human Sciences. Vous y perdrez votre temps, et surtout 10$US. Au Zimbabwe, quand on donne de l'argent, elle disparaît aussitôt (exemple quand le bus est plein et que tout le monde a payé, on arrête mettre de l'essence). Mais si vous souhaitez vous plaindre, la chef responsable du musée, de l'éducation et de la culture (elle avait un gros titre important), se fera un plaisir de vous recevoir dans son bureau sans délai et ce, même si elle est en train de jouer aux cartes sur l'ordinateur (c'est désastreux, il y a des douaniers qui pourraient être beaucoup plus efficaces avec des ordinateurs, mais la madame en monopolise un rare exemplaire pour jouer aux cartes...).



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