Les deux facettes de JobergAvant mon escapade à Kruger j'ai eu la chance de rencontrer Portia, une fille de Soweto qui connaît une vie beaucoup plus dure que la mienne (je vous épargne les détails, mais ça me fait me sentir coupable de voyager...).
J'ai pu marcher autour de Park Station avec elle (autrement il n'est pas recommendé de s'y aventurer), nous avons observé la ville de haut (Top of Africa),
et je suis même allée à l'église avec elle (les gens sont très pratiquants, c'est un immense auditorium avec plusieurs représentations par jour, toujours plein. J'étais curieuse de voir et entendre les chants, il y a des moments très rassembleurs où les gens chantent en tapant des mains et en dansant. Bref, je me suis fait sortir le méchant, ce qui devrait m'enligner vers des changements dans ma vie, en t-k c'est ce que j'ai compris du preacher.)
J'ai emprunté les taxis collectifs (c'est là-dedans que j'ai rencontré Portia). Ce n'est pas ma première expérience de ce genre, mais dans ceux-ci on est particulièrement tassé. Et ce qui m'a le plus surpris, c'est la façon de payer, qui fonctionne à chaque fois et qui compte sur la confiance de tous à bord. On fait circuler l'argent vers l'avant du taxi (ce sont des vanettes 15 passagers) en disant pour combien de passagers on paie. Peu après on fait circuler du change vers l'arrière pour rembourser chacun des passagers.
À l'opposé complètement, j'ai été passer deux jours chez Grant (rencontré lors de la rando à Kruger) et Sheena, dans Bedfordview, un quartier aisé de Joberg.

Il y a une barrière avec un garde à l'entrée de la rue, une autre barrière à l'entrée de la propriété, une clôture électrique ceinturant la propriété (on parle juste d'une maison là, ce n'est pas un château), un système d'alarme relié à la centrale, des barreaux de fer à toutes les fenêtres et portes (on se croit dans une prison), deux chiens "de garde",... Des vols et crimes se produisent malgré toutes ces précautions.
L'écart entre les riches et les pauvres est immense ce qui occasionne de nombreux problèmes. Le taux de sans emploi est très élevé et certaines mesures sont prises pour tenter de créer des jobs, mais il s'agit d'emplois sans exigences (au Québec on appellerait cela des jobs inutiles, mais au moins ici ça fait travailler du monde. Par exemple, c'est illégal de faire le plein d'essence soi-même, il y a des gens qui s'en occupe. Avec la madame qui passe la mope, il y a la madame qui agite une pancarte pour faire sécher le plancher. Dans les chantiers de travaux routiers, il y a 3 flagmens, suivi d'un gars qui tourne la pancarte, pleins de travailleurs avec des pelles à main, un gars dans une machine en train de se reposer (c'est sûrement plus efficace pour l'emploi, de ne pas trop avoir de machinerie et si possible de ne pas les faire fonctionner). Bon, alors vous voyez le genre.
J'ai eu droit à des discussions assez intéressantes,... alors que sévissent actuellement des vagues de violence "xénophobique".