Lusaka est la capitale de la Zambie, avec 1,7 millions d'habitants. Je m'attendais à voir une ville comme n'importe quelle autre capitale... Mais on sent bien qu'on est en Afrique; pas d'édifices en hauteur au centre-ville, pas de trottoirs on marche dans le sable, des vendeurs circulent parmi les voitures on peut acheter une paire de pantalon à partir de la fenêtre de la voiture, ...
(Ici ce sont des rouleaux de papier de toilette, mais les légumes, les tee-shirts aux couleurs de la Zambie, du temps cellulaire -airtime, des cartes géographiques de la Zambie, le portrait officiel du président, sont également des articles populaires)
Goûter à la vie zambienne
J'ai eu la chance d'avoir Hillary pour m'initier à la Zambie. Il m'a cuisiné de bons plats...
(Non, je ne suis pas encore convertie à la bière, c'est une bouteille de cidre et c'est très bon!)
Ici ce n'est plus de la pap, on appelle ça nshima, mais c'est la même poudre de maïs bouillie qu'on mange avec les mains et qui est accompagné de "relish". La relish peut être composée de poulet, poisson, chèvre, bœuf, soya,... mais peu importe ce qu'il y a dedans, les gens disent qu'ils mangent nshima avec relish! Et demandez leur quelles sont les propriétés du nshima et ils vont vous répondre avec un sourire gêné ou fier, "it gives power", sous-entendu pour les hommes...
(Capenta, une sorte de petit poisson séché qu'on fait revenir dans la poêle. Très populaire!)
Hillary m'a accueilli dans son humble demeure... qui possède toutes les fonctionnalités, mais qui ne sont pas toutes fonctionnelles... Il possède un bain, mais l'eau chaude ne fonctionne pas, il utilise donc le bac noir.
Il possède un poêle, mais en raison de troubles électriques, il doit plutôt utiliser les deux ronds électriques au sol. On est loin de l'efficacité énergétique... Trouvez les erreurs dans cette photo.
Réponse: le congélateur est utilisé comme planche à repasser, les ronds électriques réchauffent le congélateur, pour ne nommer que les plus évidentes!
Grande ironie selon ma vision des choses: malgré que les gens portent de vieux vêtements, parfois troués, achetés dans les poches de vêtements qu'on ne voulait plus au Québec, une apparence soignée demeure importante. Le repassage est commun, même pour des tee-shirts, le brossage des souliers, le petit linge pour s'éponger la figure durant la journée, le brossage des cheveux pour les gars,...
La vaisselle s'effectue à l'eau froide, avec une pâte de savon, et en laissant l'eau couler... Ça me faisait mal au cœur de voir autant d'eau gaspillée. Après les pays désertiques de la Namibie et du Botswana, où l'eau est précieuse, en Zambie c'est l'abondance. Les maisons sont alimentées par des puits et l'eau est pompée dans de gros réservoirs en hauteur.
(C'est la pâte de savon pour laver la vaisselle.)
Tour guidé des marchés et d'un ghetto
Au Kabwata Cultural Village, j'ai joué ma première partie de Nsolo avec Friday, jeu populaire dans plusieurs pays d'Afrique, et j'ai eu beaucoup de plaisir. J'ai d'ailleurs acheté une planche de jeu qu'il a lui-même confectionné en véritable mukwa.
(Friday, celui qui m'a appris à jouer Nsolo et qui a gravé la planche de jeu pour mes parents!)
J'y ai également rencontré son ami Thomas, qui m'a accompagné toute la journée dans les ghettos, taverne, marché publique. Nous avons acheté tous les aliments que je pouvais trouver et que je ne connaissais pas. De retour au ghetto, nous avons fait un gros pique-nique avec tout ça et les voisins venaient piger.
(Thomas, le deuxième à partir de la gauche)
Voici un échantillon de ce que j'ai goûté: masau, tungulu, mutubuya, ngaingai (ce sont tous des fruits), mukoyo (breuvage traditionnel à base de maïs), kashasu (alcool fabriqué artisanalement et illégal parce que le pourcentage d'alcool est trop élevé... J'ai quand même eu de la chance parce que plusieurs personnes habitent ici depuis longtemps et n'ont jamais eu l'occasion d'y goûter!), chibuku (bière traditionnelle), des chenilles, des pattes de poulet avec les tripes, de l'argile (probablement le plus surprenant, manger une roche... Ce n'est pas particulièrement appétissant d'avoir une poignée de terre dans la bouche, mais c'est consommé pour ses propriétés, beaucoup par les femmes enceintes.)
Pour me faire plaisir, un peu de danse traditionnelle!Une des choses qui m'a le plus marqué ici: tout le monde sait danser, y compris les hommes, ils sont bons et ils aiment ça. Si on entend de la musique, on voit immanquablement des gens qui dansent, si quelqu'un est heureux, on a droit à une petite danse,...
Une des choses qui m'a le plus traumatisé: pour les différentes danses traditionnelles, tout se passe dans le bassin. Des mouvements qui pour nous seraient qualifiés de très explicites, vulgaires ou érotiques ici c'est normal, même les petits enfants les font.
(C'est une troupe de danseurs de l'armée, ici il n'y a pas de préjugés pour les hommes qui dansent ou pour les garçons qui font partie de la troupe de danse de l'école.)
Si vous voulez voir des bassins se trémousser, vous pouvez vous rendre au Kabwata Cultural Village les fins de semaine, ou regarder les vidéos:
J'étais la seule touriste dans l'assistance, je me suis donc fait remarquer, d'autant plus que j'y suis retournée deux jours de suite! Après quelques discussions, on m'a invité à une pratique de danse traditionnelle, dans un petit quartier "défavorisé". Quel plaisir j'ai eu! La professeure m'a montré les pas de base et j'ai participé à quelques danses, au son des djambes. Ce sont vraiment des danses festives et joyeuses.
Lodge eco responsable en construction...
J'ai été passer deux jours sur le terrain où Paul, un sud africain, débute l'aménagement d'un lodge éco responsable.
J'étais curieuse et j'en reviens avec bien de l'admiration. Ce n'est pas évident de construire quelque chose ici. Premièrement, quand on se rend au magasin;
Au Québec: on explique ce qu'on veut faire et le vendeur nous explique comment faire et nous montre les matériaux nécessaires.
En Zambie: il faut savoir quels matériaux on veut et surtout être capable de décrire leur apparence pour que le gars dans le magasin les trouvent.
Deuxièmement, si on engage des travailleurs, il faut s'attendre à devoir tout leur expliquer, mais vraiment tout. À chaque jour, une quinzaine de personnes arrêtaient pour venir demander un emploi. C'est un gros problème ici, les gens sans emplois et sans formation. Le salaire minimum est d'environ 85$/mois. Et puisqu'il y a pleins de gens sans emploi, ceux qui travaillent acceptent des conditions bien minables de peur de perdre leur emploi. J'ai été témoins de quelques jobs absolument impensables au niveau sécurité ou sanitaire au Québec...
Mes amis ghanéens
J'ai passé plusieurs jours au Wanderers Backpakers, le seul endroit où l'on peut camper, en pleine ville. Et j'ai eu le bonheur de partager le quotidien avec ces trois footballeurs ghanéens qui habitent ici.
(Michael, Eben et Blessing qui vivent très humblement dans une tente, en attendant de signer un gros contrat. Ils n'ont que très peu de possessions, mais parmi celles-ci, plusieurs exemplaires de la Bible et ils peuvent m'en réciter des passages. Ils croient en l'amour, le vrai, pour toute la vie. Les côtoyer a été très enrichissant...)
À propos de l'électricité...
Les coupures de courant se produisent à chaque jour et durent plusieurs heures. Ça se produit sans préavis, à n'importe quelle heure, mais généralement quand on s'apprête à vouloir cuisiner ou lorsque l'on a besoin d'internet. Il faut donc apprendre à cuisiner avec un "braiser", c'est ce que tout le monde utilise pour cuisiner et pour se réchauffer. Ça fonctionne au charbon.
(Le braiser et les cannes de peinture en guise de siège. J'ai passé plusieurs soirées autour de ce feu!)