Le réseau de train en Chine est bien développé et très abordable (mieux que l'autobus). Alors la majorité des déplacements s'effectuent en train, couché, assis ou debout (les billets "debout" sont vendus au même prix que les sièges, mais heureusement je n'ai pas eu à subir cette position!). Quand on a du temps, comme moi, ou pas trop d'argent, on prend les TPV (train petite vitesse!). Et prendre le train en Chine, c'est toujours une expérience en soi.
Pour cette première expérience, c'est un peu comme si je partais du parc de la Mauricie à destination de Baie Comeau, mais qu'entre Trois-Rivières et Québec, il n'y avait pas d'autobus... Je me suis donc résignée à prendre le bus en direction opposée, vers Montréal. De là, j'ai pu prendre le train Montréal - Ottawa - Sherbrooke - Québec (il n'y a rien de plus direct...) Puis un nouveau train vers Baie Comeau. Avec tout ça, j'ai fait le tour du cadran!
Quelques dollars en poche
Ce n'est pas tout, arrivée à Montréal, je n'avais plus beaucoup d'argent liquide. J'ai essayé quelques guichets, avec mes deux cartes, sans succès. J'étais donc inquiète pour la suite du trajet... Anik, sans nourriture, pour plusieurs heures, c'est mon cauchemar! Je me suis quand même permis le repas traditionnel dans les trains chinois.
(Pour 1$, ces nouilles chinoises viennent avec une fourchette et trois sachets de saveur. L'eau chaude est fournie dans le train, de même que dans presque tous les endroits publics. Et puis quand on est chanceux, il n'y a pas trop de monde à bord, on peut se permettre de s'étendre sur les bancs, comme mon voisin d'en face!)
Finalement à Québec, vers 22h, je quitte le premier train. Après avoir acheté mon deuxième billet pour Baie Comeau, je me retrouve avec une vingtaine de dollars en poche (que je veux conserver pour ma sortie du train) et un attroupement de chauffeurs de taxi, et de madames m'offrant la couette ou la fourchette.
Comme si ce n'était pas assez, je sens qu'on tire sur mon sac à dos. Je me retourne et c'est un policier qui n'a pas l'air de vouloir rire. Après avoir montré mon billet de train, mes poches vides, ma carte de crédit et une image de guichet automatique, il comprend finalement que je ne peux pas faire grand chose en attendant le train...
En quête d'un guichet
C'est alors que lui et un agent de sécurité de la gare, m'escortent à pied, dans les rues sombres (ou j'aperçois des établissements qui me semblent être des bars de danseuses et des maisons de débauche,...), pendant une quinzaine de minutes jusqu'à un premier guichet, où ça ne fonctionne toujours pas, puis à un deuxième guichet où, miracle, je reçois une belle grosse pile de billets de 100 yuans. Je me dépêche de ranger cela dans ma sacoche, mais je vois bien que le policier a l'œil dessus, il s'approche et me parle en chinois. J'étais certaine qu'il voulait sa part,... Mais finalement ça voulait dire, est-ce que c'est correct? On peut retourner à la gare?
Pendant que l'on fait marche inverse dans la nuit avancée, il se met à me faire des signes de dodos en me pointant. J'avais effectivement l'intention de dormir dans la gare, mais je n'étais pas trop certaine de ce qu'il voulait dire en fait j'étais convaincue qu'il voulait coucher avec moi. Il m'amène d'ailleurs dans un hotel où l'on paie les chambres à l'heure... Mais finalement la femme de chambre me fait signe qu'elle va me réveiller dans quatre heures, juste à temps pour mon train. Je décline tout de même, je préfère me remplir le bedon.
Le policier m'amène alors dans un restaurant qui est encore ouvert, me laisse, mais reviens peu après pour veiller sur moi en jouant au Tetris sur son cellulaire. Enfin, il me raccompagne jusqu'à l'intérieur de la gare et me suggère un siège pour que je sois bien. Après quelques temps, la gare se vide et les lumières se ferment. Le policier revient et me fait signe de l'accompagner dans son bureau... Toujours pas entièrement certaine de ses intentions, il m'offre le thé, une oreiller, une couverture, le divan et même du papier journal pour ne pas poser mes pieds déchaussés sur le plancher froid. Il va me réveiller juste avant mon train. Nous avons tenté de communiquer, signes, dessins,... Il m'a griffonné quelques questions en chinois, que j'ai fait traduire plusieurs jours après et qui n'avaient aucune arrière pensée. J'ai même voulu lui donner un bonbon à l'érable qu'il a refusé énergiquement, presque comme si je lui tendais un pot de vin.
Contrairement à toutes mes idées préconçues sur les policiers chinois, celui-ci n'était finalement qu'un simple policier, faisant son devoir de protection, sans aucune arrière pensée, ni corruption.
Je lui ai écrit une lettre de remerciement en anglais, avec mon adresse courriel, qu'il pourra certainement faire traduire éventuellement par quelqu'un... Je n'ai jamais eu de nouvelles...
Et je me suis finalement rendue à destination (Zhangjiajie)!

Aucun commentaire:
Publier un commentaire