lundi 10 août 2015

2015-08-10 Çanakkale, péninsule de Gallipoli

La bataille de Gallipoli 


C'est quand même incroyable de me retrouver là en 2015, alors qu'ils commémorent le 100ième anniversaire de la bataille de Gallipoli. Plus particulièrement, le 10 août, lorsque j'y suis, il y a une immense commémoration. De nombreux dignitaires et militaires sont présents, le Coran est entonné, l'atmosphère est au recueillement. Ça donne le ton à la visite, qui je dois l'avouer est un peu lourde d'émotions. Notre guide était vraiment excellent en nous faisant revivre les différentes batailles, en nous racontant la chronologie des événements, en nous pointant les lieux, en nous expliquant les stratégies militaires. C'est la première guerre mondiale, l'époque des guerres de tranchées, des conditions extrêmement difficiles, d'une offensive qui était sensée durer deux jours mais qui s'éternise pendant huit mois, durant l'été, sans trop de nourriture ni d'eau, d'environ 250 000 soldats alliés (dont 49 terre-neuviens!) et la même quantité de soldats ottomans morts au combat ou de maladies. On ne peut qu'être touché en marchant ces lieux et en pensant à tout ce sang versé. 

Les forces alliées avait planifié débarquer sur cette magnifique plage,

mais se sont retrouvées un peu plus loin, face à cette falaise, en terrain hostile au combat. 






(Les forces alliées étaient composés évidemment de britanniques et de français, mais également d'australiens et de néo-zélandais. ANZAC signifie Australian and New Zealand Army Corps. Pour ces deux pays, la bataille de Gallipoli demeure encore aujourd'hui un événement marquant, plus célèbré que le jour du souvenir.)

En début de première guerre mondiale, l'empire ottoman est neutre, puis il se joint à l'Allemagne avec l'empire central (Autriche-Hongrie, Bulgarie,...) contre les alliés (France, Angleterre, Russie,...). Cette bataille est critique pour les alliés puisqu'elle permettrait d'assurer le passage vers la mer Noire, alors seul accès pour ravitailler la Russie. 


Il s'agira d'une sérieuse défaite pour les alliés, et d'une des plus grandes victoires ottomane, malgré des pertes importantes.



Le  Commonwealth War Graves Commission (CWGC) a érigé des mémoriaux et cimetières aux différents lieux des batailles. Certains soldats sont réellement enterrés à ces endroits, d'autres sont présumés y être. Et des milliers d'autres reposent toujours un peu partout dans le sol de la péninsule de Gallipoli.  





(Symbole d'espoir de paix, les deux camps ont arrêté les hostilités, le temps que ce soldat turc rapatrie un soldat allié.)


(Le cimetière de Lone Pine principalement pour des soldats australiens.)



(Mémorial pour le 57e régiment de l'armée ottomane. Dépourvus de munitions, ils revenaient du front pour se ravitailler. Croisant le général Mustafa Kemal, ce dernier leur ordonne d'y retourner qu'avec leur baillonnette; Je ne vous ordonne pas de combattre, je vous ordonne de mourir. Le temps que vous mourriez, d'autres troupes et commandants pourront arriver et prendre vos placesIl n'y a aucun survivant parmi le 57e régiment et par respect ce régiment n'existe plus dans l'armée turque.)


(Mustafa Kemal, alias Attaturk, célèbre pour ses exploits de guerre, mais surtout acteur important de la mise en place de la république de Turquie en 1923.)

Les tranchées et tunnels sont encore visibles sur le terrain. Des tentatives ont été faites afin de les entretenir, mais lors des excavations, des centaines d'ossements sont découverts. Les tranchées sont donc maintenant laissées à la nature. 

(De ce côté, les tranchées alliées, de l'autre côté de la route, les tranchées ottomanes. Quelques mètres les séparaient.)


(Les tranchées sont réalisées en zigzag, de façon à avoir des murs de protection en cas d'attaque à la grenade.)


(Des tunnels étaient construits pour réaliser des avancées ou se protéger.)



Voilà, ça vaut vraiment la peine, mais à la fin du tour c'en est assez...

Aucun commentaire:

Publier un commentaire