mardi 26 janvier 2016

2016-01-26 Le génocide cambodgien

Attention, ces deux sites touristiques à Phnom Penh ne sont pas pour les cœurs sensibles... Mais tellement important à visiter pour comprendre l'histoire et perpétuer la mémoire de ce qui s'est passé ici, pour ne pas oublier, pour éviter que des atrocités semblables ne se répètent...



De 1975 à 1979, le régime des Khmers Rouges dirigé par Pol Pot a été responsable de la mort d'environ 1,7 millions de cambodgiens, soit plus de 20% de la population. Torture et exécution, travail forcé excessif et famine, dépossession, élimination de l'éducation, de la religion et des liens familiaux, voilà ce qu'ils ont fait subir à leur peuple, inspiré par des idées communistes radicales. 

Le 17 avril 1975, ils ont pris d'assaut la capitale Phnom Penh et ont évacué tous les habitants vers des camps de travail en campagne, pour les réduire à l'esclavagisme. Du même coup, ils ont instauré quelques 190 prisons comme celle de Tuol Sleng, afin d'éliminer les soi-disant ennemis du parti (dont les intellectuels, professeurs et médecins, les vietnamiens, les moines, les représentants de l'ancien régime, les Khmers Rouge qui s'étaient enfuis au Vietnam Nord, ceux qui ont l'air suspect, ceux qui refusent d'obéir, ceux qui critiquent le régime,... ainsi que toute leur famille). 


Mieux vaut tuer un innocent intentionnellement que d'épargner un ennemi par erreur. 


Cette ancienne école a été convertie en prison/centre de torture, par les khmers Rouges. Elle se trouve encore aujourd'hui pratiquement dans l'état où elle a été découverte lorsque les vietnamiens ont chassé les Khmers. De nombreux panneaux affichent des photos des prisonniers à leur arrivée, puis torturés, enchaînés, affamés, tués. C'est à donner des frissons.






Les pierres blanches à la mémoire des 14 dernières victimes de la prison, assassinées lorsque les Khmers ont du prendre la fuite.




Poutre en bois qui servait jadis de jeu pour les étudiants, convertie en espèce de potence pour torturer les prisonniers. 




Ce bâtiment possède encore les barbelés aux balcons pour éviter que les prisonniers ne se suicident. 




Les murs ont été ouverts entre les salles de classe afin de permettre aux gardiens de surveiller la totalité des cellules.










Puis j'ai visité Choeung Ek, le fameux Killing Fields de Phnom Penh (le plus gros, mais il y en avait pleins d'autre répartis dans tout le pays), où étaient amené les prisonniers pour leur exécution. 




Le tout était réalisé la nuit pour ne pas éveiller les soupçons et on utilisait toutes sortes d'instruments agricoles pour tuer (les armes à feu auraient été trop bruyantes et coûteuses). Sur cet arbre on accrochait des hauts parleurs qui diffusaient des chants révolutionnaires pour camoufler les cris.




De nombreuses fosses communes étaient utilisées pour entasser des dizaines, voir des centaines de corps. Aujourd'hui le terrain est parsemé de buttes et dépressions. Sous l'effet de la décomposition des corps, le sol se soulève. De plus, après la mousson, des ossements et des vêtements remontent à la surface. Ils sont régulièrement ramassés et conservés.





Les pancartes nous rappellent, Don't step on the bones...





Le site était auparavant un cimetière chinois, quelques pierres tombales témoignent de cette histoire.





Plus d'une centaine de femmes et d'enfants ont été trouvé dans cette fosse commune.




Et cet arbre servait à fracasser le crâne des bébés en les tenants par les pieds.



Fosse commune dédiée aux soldats Khmers Rouges, 166 corps sans tête y ont été exhumés.




Quelques morceaux de vêtements exposés.




Des ossements et des vêtements qui remontent à la surface. 











Le mausolée à la mémoire des victimes. Des ossements ont été récupérés, nettoyés, autopsié et sont exposés sur 17 étages de haut.










En 2014, des procédures judiciaires étaient toujours en cours, quelques hauts dirigeants du régime ont été reconnus coupables de crime contre l'humanité. Des mines antipersonnels parsèment encore le territoire cambodgien, tuant ou mutilant une centaine de personnes chaque année. Chaque cambodgien a perdu des membres de sa famille lors de ces années sombres. 




Ces événements se sont produits il n'y a pas si longtemps, et c'est complètement bouleversant et incompréhensible.... D'autant plus que la communauté internationale et l'ONU ont continué de supporter les Khmers Rouges en exil jusqu'au milieu des années 90. Il y a un homme machiavélique à la tête de toutes ces horreurs, mais également de nombreux complices qui ont permis de rendre le tout possible. 

Quelle part de responsabilité avons-nous par rapport à tous ces massacres/guerres/conflits qui persistent encore sur notre planète?

1 commentaire:

  1. Sûrement une visite inoubliable et bouleversante. C'est toujours un plaisir de te lire. Merci de partager.

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