(Il faut savoir se frayer un chemin!)
(Des ruelles étroites et de grosses vaches en plein milieu, pas toujours évident à circuler!)
(Un conducteur de rickshaw, une vache, un chien, des déchets, de la marde, des légumes étalés au sol, encombrement d'affiches et de fils électriques, la vie quotidienne quoi!)
(Fin d'une célébration musulmane, les hommes, vêtus de leur superbes courtas, retournent à la maison)
(La ruelle de notre auberge. Je ne suis pas certaine comment fonctionne la récupération des déchets... Je n'ai pas vu de camion de vidange, et rarement de poubelles. Les gens semblent faire des tas dans les rues, dans lesquels les animaux vont tour à tour piger, en fonction de leur territoire et de leur hiérarchie, pendant quelques jours, puis ces tas disparaissent au cours de la nuit et de nouveaux apparaissent aussitôt. Il y a un roulement constant!)
Bienvenue à Varanasi
Le trajet de 3km, de la gare à l'auberge, a dû nous prendre plus d'une heure. Notre premier tuktuk a manqué d'essence et lorsqu'il nous a demandé une avance d'argent à la station service, nous avons été forcée d'en trouver un autre. Puis ça été l'épreuve des bouchons de circulation. Sans feu de signalisation aux intersections, ni aucune règle de priorité, les véhicules (motos, tuktuks, vélos, voitures,...) s'entremêlent dans un chaos incroyable, jusqu'à ce qu'il ne soit plus possible de bouger. Et c'est sans compter les vaches qui, d'une nonchalance déroutante, obstruent des voies complètes. On s'est enfoncé dans ce désordre de chaotique, dans des rues toujours plus étroites, jusqu'à ce nous soyons obligés de poursuivre à pied (étroitesse oblige!). Mais on s'est finalement rendues!
Quelques exemples de vidéos de trafic:
L'expérience du burning ghat
Les ghats sont simplement des escaliers qui donnent accès au Gange. Et marcher le long de ces ghats nous fait voir toutes sortes de rituels ou de personnes vraiment étranges. Mais l'expérience la plus hors du commun est définitivement celle du burning ghat (Manikarnika Ghat).
Ce ghat est dédié à la crémation des morts. À toute heure du jour ou de la nuit il y a des cérémonies qui se déroulent et des bûchers allumés. C'est ouvert à tous, interdit de photographier par respect, par contre les femmes indiennes ne sont pas les bienvenues. Selon la croyance hindou, si quelqu'un pleure lors de la cérémonie, l'âme du défunt aura de la difficulté à trouver son chemin vers l'au-delà. Et les femmes sont réputées comme étant braillardes!
Les hommes transportent le corps du défunt, enveloppé de tissu doré, au travers de la ville jusqu'au ghat, en chantant (ou criant) des trucs. Il y a une petite cérémonie avec des tambours, le corps est ensuite trempé dans le Gange, puis placé sur le bûcher. Ils enlèvent le tissu doré, il ne reste qu'un linceul blanc, parfois la tête est découverte.
Le corps a été préalablement enduit de beurre ce qui fait en sorte de ne pas dégager d'odeur lors de la crémation (Dieu merci...). Tout est brûlé, en théorie il ne devrait rester que le torse pour les hommes et le bassin pour les femmes. Ces parties ne brûlent pas et doivent être jetées dans le Gange par un membre de la famille (on s'est d'ailleurs fait éclabousser lorsque l'on regardait à partir de la chaloupe...). Et je dis, en théorie, parce que les gens paient pour une certaine quantité de bois.
Si tout le bois payé est consumé, alors ce qu'il reste s'en va aussi dans le Gange. Ce sont les intouchables (le système de caste est encore bien présent en Inde, et les intouchables sont complètement en bas de la classe la plus basse, ils ne sont rien dans la société et puisqu'ils sont réservés pour les travaux dégoûtants, les autres classes refusent de les toucher... les intouchables... Vous lirez sur les castes, c'est fascinant...) qui sont responsables de jeter les cendres dans le Gange, nettoyer le site et manipuler les corps.
Le Gange, fleuve sacré
Ok, les femmes enceintes, les enfants, les sadhus, les lépreux, ceux mort par morsure de cobra, les pauvres, les sans famille et les carcasses animales (et Dieu sait qu'il y en a) sont tous jetés dans le Gange sans être brûlés. Les égouts s'y déversent, de même que les eaux usées domestiques et industrielles ainsi que des tonnes de bois utilisés pour les crémations. Le taux de coliformes fécaux est bien au-delà de toute limite acceptable, l'eau est opaque et a rendu la population de dauphin du Gange aveugle (il n'en reste que 2000, mais quand même surprenant qu'ils existent encore...), selon Maxisciences, le Gange serait le fleuve le plus pollué du monde,...
Malgré tout cela, les hindous viennent s'y baigner en croyant réellement (encore une fois à quel point la religion me fascine et fait faire des trucs complètement irraisonnés...) que ça les purifie et lave leurs péchés. Par quelqu'un qui nous semblait bien éduqué et renseignés sur les enjeux écologiques, on s'est fait expliquer, le plus sérieusement du monde, que même les scientifiques ne savent pas où se trouve la source du Gange. Ça coulerait directement des cheveux de Shiva, un dieu Hindou...
Après s'être lancé un défi, nous avons tout de même osé nous tremper les pieds! Et nous avons survécu.
Voici un petit aperçu de la vie le long des ghats...
(Des groupes d'hommes jouant aux dames avec des accessoires improvisés. Il y a habituellement des attroupements de spectateurs.)
(Dur, dur la vie de chien! En fait, c'est vrai, il y a de sérieuses bagarres entre chien, souvent la nuit.)
(Le niveau du Gange est très bas, c'est la saison sèche. En été, lors de la mousson, la circulation en bateau est interdite, le courant étant trop fort.)
(On embarque pour un tour de chaloupe, d'une heure au lever du soleil. Et ce, même si ça coûte un gros 2$, et même s'il n'y avait pas de vestes de sauvetage, hein Sarah!)
(Même sur l'eau on se fait achaler pour nous vendre des trucs! Il y avait des vendeurs de thé masala, mais j'ai l'impression qu'il doit y avoir un ingrédient magique,... l'eau du Gange... J'ai passé mon tour pour cette fois!)
(Mais c'est aussi une dompe à ciel ouvert, les déchets amenés par le courant ou ceux du fond de l'eau qui se retrouvent à découvert...)
La cérémonie de remerciement
À tous les soirs, au ghat principal, plusieurs milliers d'indiens se regroupent pour assister à une cérémonie pour rendre grâce à Shiva et au Gange. Plusieurs mettent à l'eau des chandelles flottantes et des fleurs. Des offrandes en remerciement d'un souhait exaucé, qui illumine le Gange dans la nuit, et vient ajouter à toute la pollution déjà présente... On insiste pour nous peinturer un point rouge sur le front et pendant une heure de cérémonie, des dizaines de cloches sonnent sans arrêt, des chants et de la musique retentissent des hauts parleurs, un vacarme qui s'ajoute à celui subi toute la journée. Le bruit est présent à toute heure de la journée, un inconfort constant pour les oreilles, mais quelle euphorie!
Petit aperçu de la cérémonie:




















































Aucun commentaire:
Publier un commentaire