dimanche 12 avril 2015

2015-04-12 Soweto

Un petit historique

Le SOuth WEst TOwnship (Soweto) compte officiellement 1,5 millions d'habitants, mais on l'estime à beaucoup plus, c'est immense! Il est même resubdivisé en quartiers, qui ont chacun leur identité propre. Les premiers campements sont apparus vers 1904 alors que les travailleurs miniers noirs ont été relocalisés en périphérie de Johannesburg (au sud-ouest) étant donné l'épidémie de peste. Soweto, est isolé de Johannesburg par des collines de résidus miniers, qui avaient pour but de séparer les quartiers blancs aisés de la classe ouvrière noire défavorisée. (Voir au loin sur cette photo)
 À l'époque de l'Apartheid (les années 50), des noirs en provenance des quartiers mixtes de Johannesburg y ont également été relocalisés. (La cohabitation noirs-blancs était alors impossible). Soweto est la terre d'accueil des gens moins fortunés en provenance de toute l'Afrique et à la recherche de travail dans la métropole. 

Assez pour la mise en contexte! Mais vous comprendrez que je n'ai pas trop osé sortir la caméra. D'autant plus qu'ici c'est une expérience humaine plus que visuelle. 

Soweto et ses contrastes...
Les contrastes sont frappants ici. J'ai fait un tour de vélo en avant-midi dans des rues en terre, les eaux usées s'y écoulent, des déchets un peu partout, des petites habitations rafistolées, et l'après-midi j'ai marché dans le méga centre d'achat 2 étages, ultra moderne avec cinéma. 


Ces gens ont connus tant d'injustices et de violence, mais sont aujourd'hui tellement souriants et accueillants. Je ne peux pas marcher dans la rue sans que les enfants m'envoient la main, me crient des "awayu" ou me fassent des "high five". Tout le monde me salue et me souhaite la bienvenue. Je ne peux définitivement pas marcher tranquillement incognito!
(Monument à la mémoire du jeune Hector Pieterson, 12 ans, tué par des policiers en 1976 lors d'une manifestation pour protester contre une des lois de l'Apartheid imposant l'Afrikaans comme langue d'enseignement)





(La bière typiquement brassée a Johannesburg, par les femmes qui opéraient les Shebeen... C'était pas très bon, mais je n'aime pas la bière en partant!)

Le jour, il fait bon vivre à Soweto. La marche dans les rues est possible. Mais le soir venu, il n'est pas recommandé de sortir, encore moins pour une touriste blanche. L'esprit de communauté est très fort ici et les gens ont été habitués depuis longtemps à ne pas se fier à la police. Ce qui donne lieu parfois, et c'est d'ailleurs ce qui est arrivé une des nuits que j'y ai passé, à des épisodes de "justice communautaire" (mob justice). Plusieurs personnes se regroupent pour tabasser violemment un individu qui a commis une faute envers la communauté.
(Lebo's Backpakers, la place à rester dans Soweto... Je pense que c'est la seule de toute façon!)

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